Rando Raid de la Meije – Emparis

Le premier problème de ce parcours, c’est qu’il y a très peu d’endroits à portée de route. Difficile de se trouver des points de RDV avec Caro dans ces conditions. En plus, elle voudrait des paysages qui claquent. Et le plateau d’Emparis, ça claque. Seulement, c’est 2h de marche aller (800m D). J’estime mon arrivée au lac Noir vers 12h30. C’est donc jouable qu’elle fasse le départ, notre passage aux Terrasses et partir vers le plateau ensuite.

Le second problème, c’est qu’il faut partir groupé. J’aime pas les gens. C’est la première fois que je fais un départ groupé de ma vie. Un peu stressé, angoissé. Le boss que j’ai déjà rencontré au cours de ma dernière séance d’entrainement fait le briefing. Trop rapide, il finit 5mn plus tôt que prévu. A côté de moi se trouve un participant comme moi sur le 35km. Il a un super vélo mais il a un survêtement/pyjama avec des sangles pour pas qu’il se coince dans son pédalier. Visiblement, il n’est pas pressé d’arriver.

Je suis peut-être positionné un peu trop devant. Mais, une fois le départ donné, pas de bousculade. C’est relativement fluide au premier goulet d’étranglement.

DSC06683La première montée est très raide : 12% en moyenne. Dès que ça commence à monter fort, je tombe la veste et suis à la queuleuleu à pieds jusqu’à l’église des Terrasses où Caro est là pour prendre la photo. Je remonte sur le vélo et donne deux coups de cul pour monter les marches à côté de l’espèce de lavoir. Un concurrent devant moi cale sur une marche de même pas 10cm de haut. Du coup, je lui rentre dedans et mon suivant me rentre dedans…

Assez rapidement, ça se décante et après un autre passage à pied, je me cale sur un 150bpm avant le premier faut-plat descendant. Il a légèrement neigé sur les hauteurs. Les sommets sont blanchis comme si on avait saupoudré du sucre glace dessus. On dirait des gâteaux géants. Des problèmes de glycémie ? Nooon ;).

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A chaque fossé/ruisseau/pierrier à sauter, je remonte un prédécesseur. Jusqu’à ce qu’un caillou décide de bloquer ma roue AV. OTB, roulé-boulé pour amortir ma chute. Le vélo est décroché, je peux remonter facilement dessus. Je vérifie que la poche à eau n’est pas crevée. Une bénévole nous signale une descente glissante à cause de l’herbe. Je descend sur le vélo. Visiblement, ça tient. Le single qui suit est typique du coin. On est à flanc de colline et régulièrement, il faut descendre dans une ravine et en ressortir. Je m’aperçois que tout le monde sort des ravines à pieds alors qu’il suffit de prendre un peu d’élan et en 3 coups de pédales, on sort…

En rejoignant le Rivet, un groupe de PomPom Boy nous demande de la sueur, de la poussière, etc. Je leur fais un petit bunny-hop. C’est la folie. Il paraît que Caro les entendait en montant Emparis. Il me semble que je les avais vu sur le vélo le premier jour. Ont-ils abandonné ? Etait-ce prévu ? En tout cas, c’était bien sympa.

Le faux-plat montant suivant, je mets un peu de gaz. Je suis en relance en danseuse assez souvent. Je monte ponctuellement à 185 histoire de vérifier ma FCmax.
Ravito à la Buffe avant une longue poussette/portage. On passe de 2000m à 2400m en quelques km. Un participant me double et je me calque sur son rythme. Il déclipse, je déclipse. Il clipse, je clipse… A peu près. Je commence à avoir mal au genou gauche et mes talons frottent dans les chaussures. Je crois que je n’ai jamais autant marché à vélo. Même à l’entrainement, j’étais plus souvent dessus… Arrivé en haut, je remet un coupe-vent, profite de la vue, reprends une barre énergétique et me lance dans le vallon.

Je rattrape un participant qui remonte sur son vélo. Il a l’air de très bien rouler, comprends pas comment j’ai pu le rattraper. Au bout d’un moment, je comprends : son bidon roule entre ses roues. Il s’arrête à nouveau pour le ramasser. De mon côté, j’ai trouvé la solution : je l’ai attaché avec un strap. Mais mon bidon contient ma trousse à outils. Je n’ai pas besoin de le sortir trop régulièrement ;).

Au passage d’une ravine, ça fait un peu salon de thé et je demande pardon pour passer sur le vélo. Je rattrape un participant sur le faux-plat. Il a du mal à avancer dans l’ornière. Je le double comme une balle et profite de passages techniques pour le décrocher. En apercevant le col St-Georges, je rends un peu la main. Peu après, il me repasse comme une balle :). On arrive en haut du col ensemble et il demande aux bénévoles de pouvoir zapper la descente sur Besse. Pour ma part, elle n’est pas au programme. Donc, je trace vers le second ravito.

Pour la première fois, je vois une table particulièrement bien garnie et rangée. En fait, je suis parmi les premiers car je ne suis pas descendu sur Besse. Là, déboule un gars qui ne s’arrête pas. Un participant (comme moi, non-classé) m’explique que c’est le premier du 50km. Je vois Benoît arriver. Lui aussi a fait Besse. Sur un ton humoristique, je lui dis : « Tu sais, j’ai failli t’attendre 🙂 ». On lui dit qu’il est deuxième et que le premier vient juste de passer. Il nous répond : « Moi, je ne suis pas comme ça. Je m’arrête car je risque de le payer plus tard ». Il prend une poignée d’amandes et il repart. C’est un malade :).

Je pars à l’assaut du col du Souchet. Contrairement à l’entrainement, je mets deux fois le pied à terre :/. J’ai l’impression d’approcher le coup de chaud et me met à boire énormément pour éviter la catastrophe. Encore quelques coups de cul à donner et j’arrive au lac Noir. Je crois apercevoir Caro de l’autre côté et c’est elle.

Le glacier est toujours aussi impressionnant et c’est toujours aussi difficile de se concentrer sur la piste avec une telle présence à côté.

Rando Raid de la Meije - Septembre 2015Après une pause photo et une pause au lac Lérié, dans un passage trialisant, j’hésite sur une trajo. Mais mes épaule sont au-dessus du guidon et ma roue avant se coince. Je mets tout mon poids pour éviter de tomber à droite (le côté le plus haut). Je rétablis l’assiette, mais pas possible de déclipser à gauche : deuxième pelle.

Avant-dernière montée, on aperçoit le Chazelet tout en bas. Difficile de s’imaginer que dans 20mn, on y est… La descente est vertigineuse. Une succession d’épingles. Ca n’est pas ma tasse de thé. Pour emmener le vélo, il faut engager les épaules au dessus du guidon. Sur un passage lent, je recoince la roue AV et repasse par dessus le guidon. Un gamin éclate de rire de l’autre côté de la vallée :/. Il y a des spectateurs…

Remontée sur le Chazelet et passage à Notre Dame de Bon Repos. La descente la plus terrifiante que je connaisse. Ca se passe pas mal. Je me fais doubler par un avion de chasse qui fait des passages à pieds. J’essaie de prendre son rythme, mais il va trop vite pour moi. Je rend vite la main.

Un petit escalier avant la ligne d’arrivée. Le speaker commente mon coup de pédale en vélocité. Je me mets alors en danseuse agressive. Petite tape dans la main et c’est fini. Bien content d’être arrivé. Je retrouve Benoît. Il finit 3ème de la journée et 3ème au scratch. Super performance ! Il me donne une astuce pour la montée du départ : il suffit d’être à fond. Super, ça m’aide :D.

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Entre-temps, Caro récupère un lonesome poor cycliste qui n’a plus la force de pousser son vélo avec ses chaussures de route. A la base, c’est un cycliste de route de bon niveau. Il n’a pas dû penser que la filière musculaire pour le VTT est fondamentalement différente.

Photos : Caroline Constant

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