Les Chemins du Soleil : jour 3 / Veynes – Gap

Il y a un peu de bruit autour de moi. Lorsque j’entrouvre un œil, je ne réalise pas tout de suite qu’il fait déjà jour et que ça n’est pas normal. Lorsque mon cerveau fait les connections, je bondis en dehors de ma tente. J’ai dormi comme un bébé. Ce coup-ci, on est vraiment à la bourre et on part dans le fond du peloton.

Pourtant, la première montée est sur route. On aurait pu remonter pas mal de monde si j’avais eu une caisse de routier. Mais on remonte assez peu au final. Cyrille me décroche sans forcer et m’attend pour entrer dans le chemin.

📷Marc Chaland

La pente est raide et on est coincé dans le trafic. Bien avant, on subit le premier passage aérien tant redouté par les organisateurs. Devant nous, un concurrent a du mal. Si on lui avait mis une olive là où je pense, il aurait fait de l’huile 😅. Cyrille se montre bienveillant avec lui, mais je commence à bouillir tellement j’ai envie de remonter sur le vélo. Le passage est plutôt facile dans l’absolu.

La pente s’inverse et je raccroche Cyrille qui envoie bien fort. On double pas mal de monde sur un double-traces. Je prend sa roue en essayant de préserver le matériel des gros cailloux sur la trajectoire. En passant en mono-trace, la pente se fait plus raide et lente. Je vois un concurrent bloqué devant un champ de cailloux. Je lui demande ce qui le gêne ? La petite racine au milieu ? Il me fait un geste vague en me répondant « tout ça » 😂. En tous cas, j’essaie de le rassurer en disant que la petite racine ne cache pas une petite marche. En bas de la descente, le service médical patiente à l’ombre 😊.

A l’occasion d’un ravitaillement en milieu de montée, je reconnais le partenaire du petit charpentier rencontré le premier jour. Il cherche un dérailleur car il a cassé le sien. Comme il est en 12 vitesses, nous ne pouvons pas l’aider (Cyrille a un dérailleur de secours dans son sac).

Nous remontons une équipe avec un maillot jaune (la TUC team). L’une tracte l’autre avec ce que certains appellent avec un peu de mauvais esprit : un tire-minette. Je pense que l’origine du terme est plutôt tire-minot car ce système sert plutôt à tirer les enfants sur des sorties à vélo. Il y a eu des moments où j’aurais bien aimé que Cyrille ait ce système.

La descente s’annonce. Alors que je vois la piste sur ma gauche, annonçant probablement une épingle, je commence à élargir sur la droite. Et là, je vois Cyrille prendre la corde bien trop tôt et planter sa roue avant dans la pente. Excellente occasion pour moi pour le passer en douceur 😂. Seconde épingle, un concurrent se prélasse sur la trajectoire et me voit passer de près dans un style très contrôlé. Ensuite, c’est un vrai plaisir. Tout le monde est à pied ou m’entend arriver et j’ai presque tous les passages clean 😍. Ouf 😄.

La descente continue sur un rythme moins secoué avec de grandes courbes suffisamment relevées pour lâcher un peu les freins. Quelques passages de ravines un peu compliqués et Cyrille me rattrape juste avant de remonter… en poussant.

📷Marc Chaland
📷Marc Chaland

C’est l’heure du second portage de la vie de Cyrille, qui semble plus philosophe 😅. Ça ressemble un peu au pas de la Faye sur les Terres Noires.

📷Jérôme Genée

À l’occasion d’un ravitaillement à Rabou, Cyrille essaie lâchement de se débarrasser de moi sous le prétexte fallacieux d’un mauvais jeu de mot au sujet de la couleur grise du hameau 😈.

On rattrape le tandem. Je profite qu’ils mettent plus de temps à remonter sur le vélo après un poussage pour les passer. Alors que la pente devient très raide, je me retourne vers mes suiveurs en leur disant : « j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que c’est bientôt fini, on arrive sur une route. La mauvaise c’est que ça grimpe-sa-mère. » 😃

En arrivant sur la route, le tandem nous dépose littéralement. Cyrille essaie de le suivre, mais comme je ne suis pas, il finit par laisser tomber. Cet espèce de faux plat est pour moi une véritable agonie. Vivement que cela finisse.

📷Marc Chaland

La course est neutralisée bien avant Gap. Le petit tronçon de route est tout mignon et je m’amuse à trajecter en calligraphe japonais sur les courbes harmonieuses. Au stade, une table bien garnie nous attend avant de remonter vers la GVQP (Grande Ville Qui Pue).

Photos : Marc Chaland et Jérôme Genée

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