TransV – Le prologue

Que cette année a été compliquée ! Les annulations ou reports d’épreuves VTT se sont enchaînés comme des perles sur un collier. Pourtant, j’étais plein d’ambition. Je prévoyais, entre autre, de participer au Raid des Chapelles, la Valsloppet, les Chemins du Soleil, la Pyr’Epic, etc.. La TransV n’était pas prévue car en conflit avec la Valsloppet.

Avec le confinement en mars, j’ai pu pas mal rouler en faisant du vélotaf. Je pensais que j’allais être au top au déconfinement. Ce ne fût absolument pas le cas car tous mes camarades du club ont massivement fait du home trainer. Ma saison s’est donc résumée à essayer de les suivre, à l’agonie. Surtout Cyrille qui a contracté la Covid à cause de son boulot dès le début. Il est revenu plus entrainé que jamais malgré quelques rechutes sporadiques. Ce n’est qu’après 2 heures de sortie club que je commençais à relever la tête… parfois 😭.

Lorsque le report de la Pyr’Epic est annoncé, Cyrille est au top de sa forme et veut absolument marquer le coup en ne faisant pas Fanny sur les raids. Il me propose la Ventoux Xtreme MTB début novembre. La date est un peu limite car beaucoup parlent d’un re-confinement fin octobre. Sur un malentendu, ça peut passer. Puis il me propose la TransV qui a été reportée en septembre. De plus, l’équipe organisatrice a réussi à faire courir une mégavalanche. Il y a de fortes chances que ça se fasse. « Ah le con » je pense au plus profond de moi. Le raid pour lequel j’ai le plus souffert de toute ma vie s’offre à moi. Sur les mesures d’effort données par strava, le deuxième est la Granit Montana avec quasiment la moitié en valeur. Je suis fait comme un rat… avec plaisir quand même 😜. L’heure de la revanche a sonné. Je vais voir si j’ai progressé par rapport à 2016.

Ce début d’année 2020 a été pour moi une charnière pour deux raisons. Tout d’abord, j’ai choisi de passer sur un régime alimentaire moins riche en glucide pour « améliorer » mon endurance sur les raids. Ça a probablement pas mal joué sur mon physique un peu faible tout au long de l’année. Ensuite, j’ai profité du confinement pour travailler plus intensément le trial. Assez paradoxalement, il a fallu que je reprenne de zéro certains gestes techniques que je faisais mal. J’ai donc aussi eu un sentiment de régression sur mes capacités techniques à vélo. Pour ajouter à tout cela, je me suis retrouvé à faire boule de flipper entre des arbres dans une descente sur laquelle je suis KOM : pas bon pour la confiance à quelques semaines de l’épreuve. Surtout, je pense que ma clavicule a été touchée et m’est encore un peu douloureuse.

La logistique est toujours un peu compliquée pour la TransV. Mais l’équipe organisatrice semble bien rodée et donne pas mal de conseils bienvenus. Contrairement à ce que j’avais fait en 2016, nous choisissons avec Cyrille de dormir à Nice le vendredi et dimanche soir et de ne dormir à la Colmiane que le samedi soir. Nous avons eu un peu de mal à trouver un logement, mais Cyrille a fini par trouver un propriétaire d’appartement de la station de ski qui était prêt à nous le louer. On a juste à récupérer les clés du côté de Cannes, sur la route. Pour Nice, nous choisissons finalement un hôtel pas cher pas trop mal situé dans le centre, pas loin des restaurants 🤤. On réserve à l’avance le restaurant à la Colmiane pour ne pas nous retrouver coincés là-haut sans avoir à manger. Mine de rien, ça nous fait un budget assez coquet. Le plus gros poste de dépense est le trajet. Nous aurions certainement pu le réduire en faisant le trajet en train.

Samedi matin, nous sommes légèrement en avance au stade de la Lauvette, départ de la navette qui doit nous emmener à la Colmiane. Le bus est là, mais, après avoir demandé au chauffeur, les organisateurs ne sont pas là. Cyrille constate que le pneu de son vélo est mal claqué et profite de ce temps mort pour trouver une vraie pompe. Les participants arrivent de plus en plus et toujours pas d’organisateur à l’heure H. Pas de stress, on a tout notre temps pour monter. On nous dit que les années auparavant, il suffisait de démonter la roue avant seulement. Le fourgon pour transporter les vélos finit par arriver. L’organisateur a eu du mal à le récupérer et personne n’arrive à descendre le haillon. Après ces petites péripéties du matin, nous finissons par embarquer. Les vélos sont soigneusement empilés les uns à côté des autres, séparés par des couvertures. Et c’est parti pour une heure de virages 😊.

Je vais tuer le suspens tout de suite : personne n’a vomi dans la montée. On a juste vu le fourgon avec les vélos nous doubler. J’espère bien que ce sera la seule fois que mon vélo me doublera comme ça au cours de l’épreuve 😜. Le bus fait un beau bouchon malgré la dextérité du chauffeur. En arrivant au parking à la Colmiane, un gendarme en a après lui. Avec tous ces masques, on n’arrive pas à le reconnaître. Plus tard, nous apprenons qu’il y a eu des amendes pour non-port du masque… Bref, c’est déjà compliqué une TransV, avec la Covid, ça l’est encore plus…

Avec Cyrille, nous posons notre baluchon à l’appart avant d’aller boire un verre à la terrasse d’un café. Nous avons choisi de ne pas faire de repérage sur le prologue. Ça fait 600 mètres à remonter à la pédale et bof. Dans la voiture, nous avons visionné des vidéos et repéré un ou deux raccourcis. Personnellement, je ne vais me contenter que de gagner les 10 minutes de bonus offertes à tous ceux qui courent le prologue. Tant pis si je mets une heure à descendre. On passe à table le plus tôt possible car nous sommes parmi les premiers à partir.

On fait un petit tour autour de la zone du départ. La terre est très sèche et l’eau a creusé des grosses ravines. La piste a l’air très piégeuse. Les concurrents commencent à s’élancer par paquets de huit et ça chute pas mal. J’ai déjà décidé de ne pas me mêler à l’empoigne du départ. Deux espagnols remontent vers nous en nous demandant par geste un dérive-chaîne. Cyrille leur prête le sien. Un a cassé sa chaîne. Il part dans notre vague. On retourne gentiment vers l’aire de départ pour attendre d’être appelés. Cyrille ne manque pas une occasion et fait un bel OTB car il a « oublié » une ravine 😂.

Conformément au plan, je laisse tout le monde devant. Un concurrent trouve le moyen de tomber, mais je parviens à l’éviter. Je rattrape la meute tankée sur un coup de cul. J’anticipe et ne peut m’empêcher de penser à demain matin : imagine le même départ avec tout le monde et de nuit : le carnage 😱. On remonte un peu dans les sapins et le seul concurrent que j’ai doublé me redouble en force. Je dois tourner mes manivelles deux fois plus vite que lui 😳. Il me dépose. On redescend sur les pistes et ça remonte dans les sapins pour rejoindre la Descente du facteur. Je rejoins un concurrent de ma vague sur la fin de la montée. Je le laisse un peu partir histoire d’essayer de reprendre mon souffle. Ça doit être ce qu’ils appellent un déblocage. Je suis dans le rouge depuis le départ en fait.

À l’occasion d’un passage un peu compliqué devant le photographe, je rattrape mon prédécesseur qui fait une mini-chute. Je communique un peu mon intention de passer entre lui et le photographe. Tout se passe bien 😏. Je constate que certains se sont lâchés et se sont permis d’utiliser toute la piste, voire plus si affinité. Je vois que j’ai encore pas mal à apprendre… ou pas 😅.

Sur les deux raccourcis repérés à la vidéo, un est fermé par des branches. Je pense que ça n’est pas là que j’ai perdu le plus de temps 😉. Autant j’ai trouvé le chemin en pierre assez glissant et fuyant, autant je me suis senti plus à l’aise sur la partie en ville, à Saint-Martin-Vésubie. Les pneus accrochent bien et quelques passages trialisants sont rigolos. Un passage dans un jardinet, au milieu des amoureux qui se bécotent sur les bancs publics et c’est l’arrivée. Ce petit jardin a réveillé un moi des souvenirs d’enfance aux Jardins de la Fontaine à Nîmes. Un coin de repos, au frais sous les arbres, un havre de paix. Deux semaines plus tard, je vais constater, horrifié, aux images du journal télévisé que ce petit jardin a disparu, emporté par la Vésubie 🥺.

Cyrille a réalisé un bon temps et a plus que les 10 minutes de bonus. En outre, il va partir sur une ligne avant la mienne. On voit arriver les fusées Turcat et Chenevier. Cyrille a eu peur pour ses secondes de bonus 😉. Après une pause goûter, on remet les vélos dans la fourgonnette et on remonte à la Colmiane pour la nuit. Demain : lever 4h30.

📷 InnovPhoto

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