TransRiviera 2021

Lors de la dernière TransV, avec Cyrille, nous nous sommes aperçu qu’il était envisageable de s’y rendre en transports en commun. Pour la TransRiviera, cette année, j’ai carrément tenté le coup. Pour des raisons de disponibilité de trains, j’ai dû mettre mon vélo démonté dans un sac. Ça complique un peu la logistique. Il a fallu aussi que je trouve des billets qui me permettent d’éviter les heures de pointe dans les transports en région Parisienne.

Départ samedi matin de nuit pour attraper le deuxième RER. Arrivé dans le TGV, avec Caro, nous pensions finir notre nuit gentiment. Très rapidement, départs des vacances de la Toussaint obligent, nous nous rendons à l’évidence. Le wagon est plein d’enfants très réveillés et fiers de le faire savoir. Heureusement, j’ai toujours des bouchons d’oreille sur moi. Ça n’empêche pas ma voisine de derrière de me coller quelques coups.

À Nice, Caroline continue sa route vers Menton où elle souhaite y passer du temps pour ses projets artistiques. De mon côté, je prends le train des Merveilles qui doit m’emmener à Tende. Je vois un groupe de VTTistes qui monte aussi au départ. Ils sont beaucoup moins chargés que moi car leur vélo est monté et ils sont déjà en tenue pour demain. La contrôleuse les envoie en tête de train car il y a un compartiment prévu pour. On passe la moitié du temps dans des tunnels. Ils en profitent pour nous faire faire des boucles. À un moment, je vois une ligne de chemin de fer au-dessus, de l’autre côté de la vallée. Après un tunnel, je vois une ligne en dessous, de l’autre côté de la vallée. Interloqué, je regarde la carte et constate que nous étions en bas avant le tunnel. On peut dire qu’on n’avance pas vite, mais la voie a le mérite de ne pas être exposée aux intempéries.

À Tende, nous cherchons un petit peu le retrait des plaques. Le repas du samedi soir est au Prieuré à 4km de là. Je crois que je loge à proximité du départ, mais après avoir cherché et appelé, il s’agit en fait du lieu où nous allons manger… Je me trouve alors un coin où je peux remonter le vélo. J’essaie de tout caser dans le sac et constate que je suis un peu limite en place. Après quelques minutes de tetris, j’arrive à tout caser sur mon dos et je suis parti pour 4km de route gentiment descendante. Demain matin, ça va monter. Heureusement que j’ai prévu un éclairage au cas où…

J’ai le temps de fixer la plaque et de me préparer avant d’aller manger. Dans la grande salle, je me retrouve à côté d’un couple venant d’Alsace et d’un « local ». En fait, il n’est pas vraiment local. Il est conducteur d’engins de chantier. Il est en mission longue dans la Vésubie et la Roya pour les travaux de reconstruction. Il nous explique qu’ils ont commencé par la Vésubie, vallée qui a connu le plus de dégâts matériels et humains. De nombreuses maisons sont parties avec le ruisseau et certaines, qui ont tenu, vont devoir être détruites car il n’y a plus rien pour tenir les fondations. Il nous dit que la Vésubie est plus « riche » car elle draine pas mal de touristes. La Roya est plus rurale et pauvre. Au détour de la conversation, je découvre qu’il est plutôt un local de la Pyr’Epic. Il me dit qu’il est capable de monter le Pibeste sur le vélo 😳.

Le couple d’Alsaciens loge à Tende. Ils ont prévu de rouler la semaine après la course. Côté logistique, ils ont choisi de louer une voiture à Menton pour les remonter au départ. Ils s’étouffent un peu lorsque je leur dis que les chemins du soleil sont roulants. Lui est inscrit sur la TransRiviera 40. Elle, j’apprendrai plus tard qu’il s’agit de Daniele Troesch, une VTTiste titrée en marathon.

Nous avons droit à un briefing étendu de la part de l’organisateur : George Edwards. Il nous décrit très précisément le parcours. Un peu trop parfois car je me sens un peu perdu. Il laisse un blanc en annonçant la dernière descente. Mais je n’arrive pas à savoir si ça veut dire qu’on va tous s’éclater ou on va tous mourir ? Ou les deux ? Bref, cette dernière semble être le clou de la course. Elle a été débroussaillée spécialement par des locaux pour nous 🥰. J’apprends que je vais pouvoir poser mon sac au camion depuis le Prieuré demain matin. Ouf, la logistique se simplifie 🤗.

De l’autre côté de la table, on nous demande comment on la sent cette course ? Ça m’échappe un peu du cœur, mais je réponds que je me suis fait accrocher par une voiture la semaine d’avant en vélotaffant et que je suis un peu chiffon. Donc, on va voir… Après notre repas très riche en glucide, nous quittons la table pour aller nous reposer.

Lorsque le réveil sonne, j’ai passé une bonne nuit de sommeil bien complète. Petit-déjeuner. Je pose mon sac et part derrière deux autres cyclistes. Nous avons nos éclairages. Il n’y a pas grand-monde sur la route. Seulement des véhicules de l’organisation. Finalement, cet échauffement est bienvenu et permet de ne pas se refroidir avant le départ.

Je trouve un endroit à l’abri du vent, à côté d’un autre compétiteur qui arrive d’Île-de-France. Il a une maison dans le Var et est descendu, comme moi, avec son vélo dans un sac.

Le départ est neutralisé derrière un espèce de buggy. Comme d’habitude, je me fais massivement dépasser. Je retrouve quelques instants mon ami Parisien. Je le dépasse assez rapidement lorsque la pente s’inverse. Je suis un moment un concurrent qui roule très vite, mais à chaque endroit compliqué, on a l’impression qu’il va se prendre une pelle. De mon côté, j’essaie d’être souple et sûr pour durer le plus longtemps possible. Nous passons les bunkers qui sont bien éclairés. Je n’ai pas besoin de remettre en route ma frontale.

© Damien Beranger

Au premier ravitaillement, je retire mon coupe-vent qui commence à tenir chaud. Je fais le plein d’eau car le prochain est très loin. J’en vois qui ne s’arrêtent pas 😳.

On arrive à la portion neutralisée. La consigne étant de respecter les feux rouges. Nous les respectons. Rapidement, nous nous retrouvons un gros peloton de coureurs. Je retrouve Daniele qui me dépose gentiment dès que ça fait semblant de monter.

Après Saorge, je la rattrape avec son vélo sous le bras. Un VAE fait de même. Vu que c’est neutralisé, je prends mon temps pour pouvoir passer en souplesse.

La course reprend dans le lit de la Roya. Je fais encore illusion devant le départ des Trans40. Puis Daniele me dépose en bonne et due forme. Je n’ai clairement pas assez de watts. Ce n’est que lorsque le revêtement devient moins lisse que je la rattrape dans le trafic. Tout le monde est à pied, sauf moi qui arrive à rester en équilibre à faible vitesse. Lorsque tout le monde remonte sur le vélo, je suis déjà en position et arrive à doubler tout le monde.

Ensuite, arrive un enchaînement d’épingles. Je négocie bien les 4 ou 5 premières, mais je reprends tous mes défauts et me retrouve à faire n’importe quoi. Surtout sur les épingles à gauche où j’ai du mal à changer de pied… Je suis en colère contre moi.

Il y a des descentes parfois, sur lesquelles les difficultés s’enchaînent comme des perles sur un collier. J’ai connu ça sur cette course. Je me suis même mis à crier de joie. Bon, j’ai essayé de garder mon sang froid pour ne pas aller à l’erreur. Mais je me suis senti particulièrement fier de moi sur ce coup 🤗. Je double un concurrent qui est parti dans le décors. Il arrive à s’en sortir. C’est vrai que le ravitaillement commence à se faire attendre. Je m’alimente pour éviter la fringale.

Au hasard d’un coup de cul, je rattrape un concurrent de la Trans40 en difficulté sur un passage. Il renfourche devant moi sans vraiment faire attention. On croise des chasseurs qui ramènent deux cochons. Ils se parlent dans un dialecte qui ressemble étrangement à du Corse. Bizarre 🤷🏻‍♂️. J’arrive à me débarrasser de mon comparse à la difficulté suivante.

Finalement, le ravitaillement arrive plus vite que je ne le pensais. Je ne fais pas le plein complet en eau. Juste ce qu’il faut pour finir. Les barrières horaires sont toutes dans la poche. Je rattrape à nouveau mon bouchonneur bedonnant. Il s’essouffle en tapant la discute et essayant de me suivre. À un moment, il décroche. Je m’arrête un peu plus loin pour pisser car je sais que cette montée va être longue. Il me double. Je le vois alors rattraper deux concurrents l’un après l’autre en train de pousser. Ils se remettent à pédaler. Je ne le sais pas encore, mais un bouchon est en train de se former.

Effectivement, dès que nous quittons le large chemin, ils n’avancent plus et aucun ne veut me laisser passer. Ils accélèrent dès que je me porte à leur niveau. Le 28 nous rattrape. Je le laisse passer. Devant, ça se met à pousser et je commence à râler. Le 28 me fait un geste de la main, du style : reste calme, je gère. Il remonte sur le vélo et demande place. Mon Moïse, j’enquille derrière lui et nous finissons les derniers portages ensemble. Au col du Razet, nous rattrapons deux VAE en pause. La féminine prend ma roue puis finit par me déposer.

J’arrive au col du St Bernard. Je pense alors que c’est la fin de la souffrance. Voilà enfin cette fameuse descente où on va tous mourir… ou pas ? J’espère que bien que non car j’ai bien envie que tout ceci s’arrête. J’en profite pour perdre l’équilibre sur un caillou et tomber quasi à l’arrêt. Je ne suis pas frais du tout. Quoiqu’il arrive, ce qui reste se fera en mode lopette.

Cette descente est monstrueuse. Il y a des cailloux qui roulent partout et des épingles pour lesquelles j’ai laissé le mode d’emploi dans la montée. Le vélo fait un peu ce qu’il veut, c’est infernal. Je n’ai plus la force. La vue est néanmoins magnifique. Je prend donc mon mal en patience et passe tout à deux à l’heure, parfois souvent en déclipsant. Mon ami le bedonnant me rattrape. Il bourrine dans les bouts droits et passe toutes les épingles le vélo sous le bras. Pas très élégant mais redoutablement efficace. N’étant pas du coin, je profite de ce moment pour essayer d’apprendre et le laisse vite passer.

La deuxième féminine me rattrape et me double à la fin de la descente. Quelqu’un l’attend. On finit tous ensemble. Enfin… le bedonnant nous bouchonne avec sa stratégie. Il s’arrête sur toutes les marches un peu hautes. Du coup, il prend toute la largeur de la piste rendant un dépassement hasardeux. Il bourrine ensuite jusqu’à la prochaine. Je suis obligé de tenir l’équilibre à chaque fois et ça commence à bien me saouler. Surtout que je lui demande à plusieurs reprise de me laisser passer.

Bref, je ne vais pas m’énerver aussi près de l’arrivée. Je profite de la vue. L’arrivée est en haut du village et la course est neutralisée jusqu’à la plage. Caro est là. Nous dégustons notre hamburger sur la plage.

Après avoir cherché des toilettes un certain temps en vain, le bronson retrouve sa place dans le sac en attendant le train le lendemain matin.

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